l’ïle Feydeau – architecture

245665-l-ile-feydeauLes constructions de l’Île Feydeau ont commencé en 1723. Le projet a été décidé par le maire de Nantes Gérard Mellier et l’intendant de Bretagne Paul-Esprit Feydeau de Brou (qui a donné son nom au lieu). A cette époque, c’est une île de sable entourée par la Loire.

img17_03_2011-17_55_30Goubert est chargé de la réalisation du projet, il doit concevoir un »quartier ». Le projet est géré par une compagnie « privée » de 24 négociants. Il se consacre à diviser les lots de l’île : en créant une rue centrale, qui est la plus large de Nantes à l’époque (actuelle rue Kervégan), et une rue transversale, il divise l’île en 4 parties.

ile_feydeau_carteIl propose un « plan-type » pour chaque façade, avec support en granit et élévation en tuffau (pierre blanche) comme pour tous les immeubles de Nantes de cette époque. Le projet est la plus pure expression de l’esprit classique de régularité 63197961et d’ordre. Les armateurs qui vont être les propriétaires de ces immeubles et hôtels particuliers sont riches. On peut observer cette richesse sur les façades.

La construction des immeubles est compliquée parce que le sol est du sable… c’est un défi technique ! Le poids de chaque maison vient tasser le terrain et perturbe la maison suivante. On observe aujourd’hui beaucoup d’immeubles de travers, conférant un charme tout ondulant et maritime à l’ensemble.

ilefeydeau_A partir de 1750, le projet s’intensifie avec Pierre Rousseau qui solutionne le problème des fondations en s’inspirant des « radeaux » de pilotis hollandais (bois flottant). La construction de l’île s’étale sur une soixante d’années environ.

L’architecture du XVIIIème y fleurit à travers hôtels particuliers et immeubles de rapport avec cours centrales, mascarons, ornementations, élégants balcons et grande fenêtres, formant un vaste ensemble cohérent.

Les mascarons : ornement représentant généralement une figure humaine parfois effrayante dont la fonction était, à l’origine, d’éloigner les mauvais esprits afin qu’ils ne pénètrent pas dans la demeure.

Entre 1930 et 1940, les deux bras de la Loire (le « bras de la bourse » et le « bras de l’hôpital ») sont comblés. Ils sont aujourd’hui les axes de circulation de la ville (bus, tram, voitures, coulées vertes).

Avec les bombardements à la fin de la guerre de 39-45, l’Hôtel Dieu au sud de l’île est détruit, et l’hôpital est remplacé ensuite par une construction « moderne » (assez affreuse) et qui coupe l’île du sud de Nantes, même si les pelouses bordant l’île permettent aux étudiants du CHU de se reposer et se détendre. Le patrimoine s’est dégradé depuis les années 50, mais est en cours de réhabilitation et de revalorisation.