Nantes pendant la première guerre mondiale

IMG_20131025_122925Vendredi 22 octobre, nous sommes allés visiter l’exposition « Nantes en guerres » au Château des Ducs de Bretagne de Nantes. Nous avons pu y voir ce qui s’est passé à Nantes pendant la première et la deuxième guerres mondiales.
 
Voici notre parcours commenté et illustré.
 
 

La première guerre mondiale

Le 28 juin 1914, l’archiduc François Ferdinand d’Autriche-Hongrie est assassiné à Sarajevo par des Serbes (dans la version officielle). C’est ce qui a déclenché la première guerre mondiale. Suite à ce crime, la France, alliée de la Serbie, veut un arrangement avec l’Allemagne, aux côtés de l’empire Austro-hongrois. Mais le refus de l’Allemagne, déjà prête au combat, entraîne l’entrée en guerre.IMG_20131101_124214

A Nantes, comme dans les autres villes de France, les hommes de 18 à 40 ans apprennent sur des affiches que la France est en guerre et qu’ils doivent partir combattre. Le maire de Nantes, Paul Bellamy envoie une lettre aux citoyens pour qu’ils préparent leur valise de guerre, suite à l’ordre de mobilisation. Mais l’armée française n’est pas moderne, les hommes partent en costumes napoléonien, en pantalon rouge et veste bleue et avec leurs chaussures de ville… pas très adapté à la situation ! Et les armes sont vieilles aussi, de vieux canons, une artillerie dépassée, et des chevaux !

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IMG_20131101_124534Alors que la propagande fait croit aux Français que les soldats partent heureux et fiers de combattre pour leur pays, les 36.000 hommes qui quittent Nantes pour la frontière est sont loin d’être enthousiastes. La France choisit comme stratégie une guerre de position, les hommes vont alors construire des tranchées dès septembre 1914, le gouvernement leur promet qu’ils seront chez eux à Noël… mais en réalité ils vont rester dans ces tranchées pendant bien longtemps. Cette guerre est à l’image de la bataille de Verdun qui a commencé le 21 février 1916 et qui a duré 300 jours… et 300.000 morts. C’est une guerre violente, très dure, traumatisante.

Comment les soldats ont-ils fait pour résister à cette guerre ?

IMG_20131017_135159Les conditions dans les tranchées sont horribles, il y a peu de nourriture (les hommes sont à la guerre et pas dans les champs), l’hygiène est très mauvaise (rat, poux, vermine qui mange le corps, maladies…), ils vivent sur des sacs de sable. Ils boivent de l’alcool immonde pour tenir mais il ne peuvent pas lutter contre le froid, leurs doigts sont gelés, ils ne peuvent parfois plus marcher. Pendant les assauts les bombes explosent au sol ou au vol, tout est détruit, il reste qu’un no man’s land.

Pour échapper à l’horreur du quotidien, ils jouent aux cartes, aux échecs, aux dames, ils dessinent, ils écrivent des journaux de guerre, ils fabriquent des objets à IMG_20131101_124632partir de pièces d’artillerie, de douilles et de balles. Ils écrivent également à leur proches mais leurs lettres sont souvent censurées, comme les journaux, car il ne faut pas que le reste de la population sache la vérité, l’horreur. Lors des premières permission, certains soldats rentrent chez eux et se rendent compte de ce que l’on dit de la guerre, ils entendant le surnom qu’on leur donne : les Poilus. Ils voient le sentiment anti-boches (« Boches » est un terme péjoratif pour parler des Allemands) au travers IMG_20131017_135948des propagandes, des cartes patriotiques, des livres pour enfants, des jouets. Toute l’économie du pays sert à la guerre. A Nantes, l’usine LU fabrique le « hard bread » un pain riche en protéines, d’autres usines ont converti leur activité pour fabriquer des bombes et la main d’œuvre est essentiellement des femmes, mais aussi des enfants et des vieux. On cache les morts et les avancées allemandes et invente des histoires glorieuses françaises… on ment !

Et Nantes ?IMG_20131017_144433

Nantes est une ville hôpital, elle a accueilli plus de 300.000 blessés de guerre dans 18 centres de soin, souvent des écoles transformées. Les blessés de guerre sont des mutilés (ils ont perdu un ou plusieurs membres de leur corps), des aveugles, des sourds, des muets, des personnes asphyxiées par les gaz, des « gueules cassées » (personnes dont le visage est détruits). Les infirmières qui apprennent le métier sur le terrain sont baptisées « les anges blancs ». La médecine s’adapte, on fabrique des prothèses, des chaises roulantes avec un nouveau système mécanique pour que les mutilés puissent se déplacer seuls. C’est également le début de la chirurgie réparatrice, il fauIMG_20131101_134132t refaire des visages, des nez, des crânes… cassés. Mais le regard des autres est difficile à supporter et la réinsertion est un grand problème, il faut adapter le travail. Pour ces soldats le plus grave ce n’est pas toutes ces blessures physiques, mais l’horreur qu’ils ont vu. Le nombre de mutilé est très important mais celui des traumas l’est bien plus.

A Nantes, comme dans une majeure partie de la France, l’économie tourne autour de la guerre et la nourriture est rationnée pour tous : réfugiés (beaucoup de Belges étaient à Nantes car ils avaient fuit la Belgique quand les Allemands l’ont traversée au début de la guerre), blessés, alliés débarqués et Nantais.

L’arrivée des Américains

IMG_20131101_141712 IMG_20131101_141751En 1917, les Américains débarquent à Saint Nazaire avec beaucoup d’armes. Ils passent à Nantes où il vont développer le chemin de fer. Pour les Nantais c’est quelque chose d’exceptionnel, surtout les Noirs Américains ! Un photographe nantais va d’ailleurs les prendre en photos, on peut voir les soldats armés et en tenue militaire. Mais cette image est trompeuse car la ségrégation américaine de l’époque n’autorisait pas les Noirs à porter d’arme. Les Américains ont aussi emmené avec eux une culture : le jazz, le chewing-gum, le jean… Incroyable ! Cette année-là, à Nantes, on a même fêté le 4 juillet, la fête nationale américaine, on leur traduisait les journaux… Mais, la joie du début a vite changé car les Américains étaient aussi très bruyants, ils détruisaient les routes sur leur passage et la ville a également eu un pic de prostitution… Les USA n’a pas seulement a apporté des soldats, la France a fait d’importants emprunts économiques aux États-Unis, les Français n’ayant plus d’or et le franc ayant perdu de sa valeur.

La « der des der »IMG_20131101_142810

Le matin du 12 Novembre, les Français découvrent sur les titre des journaux que la guerre est finie. Celle qu’on appellera ensuite la « der des der » (dernière des dernières (guerre)) n’est pourtant pas finie dans les esprits. Les hommes rentrent chez eux mais les retours seront jusqu’en janvier 1919.

IMG_20131101_144035On veut vite un retour à la normal, on commence à commémorer les morts, assez tardivement à Nantes, en 1927. On trouve des symboles de la guerre : le vase de Verdun (fait à parti d’obus), la statue de la délivrance (qui sera ensuite détruite par des extrémistes de droite) devant le monument aux morts (au bout du cours Saint-Pierre et Saint-André)…

En 1919, le traité de Versailles est signé. Les Allemands n’y étaient pas invités, on leur a donc tout mis sur le dos, leurs dettes sont énormes…

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